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Comment fonctionne un vaccin contre le coronavirus ?  

Un vaccin est essentiellement composé d’antigènes qui sont une partie du virus, dans le cas du coronavirus la protéine Spike. Ces antigènes sont des étrangers pour l’organisme. Se sentant attaqué par ces agresseurs, l’organisme va pousser son système immunitaire à réagir en produisant des anticorps spécifiques et en activant certaines cellules défensives (lymphocyte B ou lymphocyte T à mémoire), sans toutefois provoquer la maladie. 

Le système immunitaire d’une personne vaccinée gardera en mémoire ces antigènes. Lorsque cette personne sera de nouveau exposée au virus, ses défenses immunitaires (activées précédemment par les antigènes contenus dans le vaccin) le reconnaissent rapidement et vont le neutraliser grâce aux anticorps formés à cet effet, et ce, avant que la maladie ne se développe. La personne vaccinée demeure protégée contre la maladie concernée pendant une durée variable, selon le vaccin et le schéma vaccinal, de plusieurs mois à plusieurs années, voire la vie entière. C’est la « mémoire immunitaire ». 

Pour plus d’informations, consultez l’infographie “Comment fonctionne le coronavirus et comment le vaccin agit-il ?“. 

Quel est le mode de fonctionnement spécifique des différents types de vaccins contre le coronavirus ? 

Vaccins à ARNm (Pfizer, Moderna)  

L’ARN messager est un élément de matériel génétique. C’est en quelque sorte la recette qui va permettre aux cellules de notre corps de produire elles-mêmes l’antigène du virus (sans rentrer donc en contact directement avec le virus-même) pour ensuite s’immuniser contre cet antigène. Par la suite, quand notre corps rencontre le vrai virus, il saura alors reconnaitre l’antigène et activer le système immunitaire pour nous défendre contre le virus. L’ARN messager est éliminé dans les 24-48h du corps et l’antigène créé à l’aide de l’ARNm est détruit par les cellules immunitaires de notre corps. Aucun élément du vaccin ne reste donc dans notre corps. Seuls les éléments immunitaires protecteurs engendrés par le vaccin restent. 

Vaccins à sous-unités protéiques (Novavax)  

Il s’agit d’un vaccin qui ne contient pas de particules virales intactes ou complètes, mais une ou plusieurs protéines purifiées ou semi-purifiées dont les autres composants du virus ont été éliminés. Il contient de petites particules qui imitent la protéine Spike du coronavirus, contre laquelle le corps produit des anticorps. C’est une technique traditionnelle comparable à celle des vaccins contre l’hépatite B, la coqueluche, le tétanos, le pneumocoque, l’encéphalite japonaise, la rage et certains vaccins contre la grippe. 

Vaccins à vecteur viraux (AstraZeneca, Johnson&Johnson) 

On va introduire l’antigène du coronavirus, la protéine Spike, au moyen d’une autre bactérie ou virus qui est inoffensif pour l’organisme. Notre système immunitaire va réagir contre ce virus et l’éliminer. Dans le même temps, il va aussi réagir à la protéine Spike et produire les anticorps spécifiques qui protégeront l’individu lors d’une prochaine exposition au coronavirus. 

Les vaccins à ARNm peuvent-ils modifier mon ADN ? 

Non, les vaccins à ARNm sont administrés par voie intramusculaire et l’ARNm est absorbé par un certain nombre de cellules humaines. L’ARNm permet la production de protéines par les cellules humaines. En temps normal, l’ARNm pénètre dans le noyau de la cellule pour faire une “photocopie” d’une partie de l’ADN et permettre à la cellule de produire la protéine à partir de ces informations. Dans le cas des vaccins à ARNm, on introduit l’ARNm avec la photocopie qui est déjà effectuée.  Il ne pénètre donc pas dans le noyau de la cellule et ne pourra donc pas entrer en contact avec l’ADN humain. La cellule humaine est capable de déchiffrer ce code et n’a pas besoin de l’intervention de son ADN pour le faire. Après décodage, la cellule humaine produira la protéine Spike, afin que le système immunitaire soit capable de produire des anticorps spécifiquement contre cette protéine Spike. L’ARNm disparaît de l’organisme après quelques heures à peine. 

Qu’y-a-t’ il dans le vaccin ? 

Le résumé des caractéristiques du produit et composantes des vaccins contre le COVID-19 peuvent être trouvés sur le site www.cbip.be ou sur celui de l’EMA. Vous pouvez également trouver sur le site de l’Unicef une liste exhaustive des différentes composantes que l’on peut retrouver dans les vaccins.

Pourquoi le développement des vaccins contre le COVID-19 a-t-il été si rapide alors qu’il nécessite plusieurs années en temps habituel ? 

Plusieurs éléments expliquent le développement si rapide des vaccins contre le COVID-19. Premièrement, on n’est pas parti de zéro. Même si le COVID-19 est une nouvelle maladie, celle-ci fait partie de la famille des coronavirus et par le passé, des épidémies de SARS-Cov et MERS-Cov avaient déjà eu lieu. Des connaissances étaient donc déjà disponibles. De même, malgré le fait que les vaccins Pfizer et Moderna soient les premiers à utiliser la technologie des vaccins à ARNm, ces-derniers font l’objet de recherches depuis de nombreuses années pour des maladies comme le Zika ou certains cancers. Deuxièmement, comme on se trouvait dans un contexte de crise sanitaire mondiale, de nombreuses ressources financières et humaines ont été mises à disposition par les états et le privé pour trouver le vaccin le plus rapidement possible. Dernièrement, pendant une pandémie, il est beaucoup plus facile de trouver des personnes pour les essais cliniques. Afin de gagner du temps, certaines phases de ces essais cliniques ont également été réalisées en parallèle. Une vidéo explicative est disponible sur le site de l’Unicef

Cependant, les vaccins contre le COVID-19 ont suivi exactement la même procédure que tous les autres vaccins avant leur autorisation de mise sur le marché à savoir : le même nombre de phases de test, le même nombre de participants aux essais cliniques et les mêmes contrôles sur l’innocuité.  

Quels sont les vaccins disponibles? Qui peut en bénéficier? Et combien coûte une vaccination contre le COVID-19? 

Toute personne âgée d’au moins 5 ans, domiciliée en Belgique, avec un numéro de registre national/BIS, peut bénéficier de la vaccination. Pour les personnes ne répondant pas nécessairement à ce critère (sans-abris, transmigrants, sans-papiers, etc.) des solutions spécifiques ont été élaborées avec les acteurs de confiance de ces populations. Les personnes en situation de précarité ou n’ayant pas de domicile fixe ou de numéro NISS peuvent également se faire vacciner dans les centres de vaccination. Le centre de vaccination de Pacheco est le centre de référence pour ce groupe cible. Ces personnes peuvent se rendre aux centres de vaccination sans rendez-vous. Un numéro BIS sera créé sur place, sans obligation de fournir une adresse de résidence. 

Actuellement, les points de vaccination proposent les vaccins à ARNm Pfizer, Pfizer pédiatrique pour la primo-vaccination et Pfizer adapté bivalent (Comirnaty Original/Omicron BA.1) pour le booster automnal.

Le vaccin contre le coronavirus est gratuit. La vaccination est fortement recommandée mais pas obligatoire

Quel est le délai entre les deux premiers rendez-vous (1ère et 2ème doses) ?  

Cela dépend du vaccin administré : 

  • Pfizer : 21 jours 
  • Pfizer pédiatrique : 21 jours 
  • Moderna : 28 jours 
  • Novavax : 21 jours 

Ces délais sont recommandés car ils correspondent au laps de temps où l’on a observé la meilleure réponse au vaccin en termes d’efficacité. Si pour une raison quelconque, une personne ne peut respecter le délai recommandé et dépasse celui-ci, elle ne devra cependant pas recommencer un schéma de vaccination. Le but sera de compléter au plus vite son schéma de vaccination et de lui administrer la deuxième dose le plus rapidement possible. 

Pourquoi y’a-t-il plusieurs vaccins sur le marché ? 

Il y a plusieurs vaccins car il y a plusieurs firmes pharmaceutiques dans le monde qui ont voulu fournir le meilleur vaccin possible. Dans l’ensemble, tous les vaccins sont relativement égaux en termes d’efficacité. En Belgique, ils ont tous été validés scientifiquement par l’Agence Européenne des Médicaments (EMA) et le Conseil Supérieur de la Santé (CSS). 

Quelle est la durée de la protection obtenue par la vaccination ? 

Comme pour tous les vaccins, la protection qu’offrent les vaccins contre le COVID-19 diminue au fil du temps. Les recherches étant actuellement en cours, nous ne savons pas encore avec exactitude combien de temps dure la protection obtenue par les vaccins contre le COVID-19, mais les données actuelles indiquent que la plupart des personnes bénéficie d’une protection élevée contre les formes graves du COVID-19 pendant au moins 6 mois. Une dose de rappel est recommandée à partir du moment où l’on estime que la personne n’est plus suffisamment immunisée contre la maladie. 

L’immunité obtenue par la vaccination peut diminuer plus rapidement chez les personnes de plus de 65 ans et chez les personnes souffrant de problèmes médicaux sous-jacents. 

Afin de vous protéger contre le COVID-19, il est recommandé de vous faire vacciner selon les recommandations émises et de continuer à respecter les gestes protecteurs. 

Qu’est-ce qu’un variant et est-ce que les vaccins utilisés sont efficaces contre les nouveaux variants ? 

Un variant est un génome viral (code génétique) qui peut contenir une ou plusieurs mutations. C’est en fait une nouvelle forme de la maladie avec d’autres caractéristiques. Le virus utilise nos cellules pour se multiplier. Lors de cette multiplication, il arrive parfois qu’il y ait une erreur dans la copie qui change les caractéristiques du virus, c’est ce qu’on appelle un variant. Avec cette erreur de copie, le comportement du virus peut rester inchangé (le plus courant), être affaibli ou malheureusement renforcé. C’est ce qui s’est passé avec les variants Delta et Omicron qui étaient respectivement plus agressif au niveau des symptômes et plus contagieux.   

C’est pourquoi des recherches cliniques sont continuellement en cours pour proposer des vaccins adaptés aux nouveaux variants. Ces vaccins font l’objet de phases de développement très spécifiques pour s’assurer, entre autres, qu’ils sont bien efficaces et déterminer leur innocuité. Ce processus prend du temps. Pfizer et Moderna ont sorti un nouveau vaccin adapté bivalent Original/Omicron BA.1 qui augmente l’immunité contre les différents variants Omicron. Ces vaccins ont été validés par l’Agence Européenne des Médicaments le 1er septembre 2022. A l’heure actuelle, seul le vaccin Comirnaty Original/Omicron BA.1 de Pfizer est disponible en Belgique.

Il reste important de se faire vacciner pour limiter la circulation du virus et l’éventuelle apparition de nouveaux variants plus dangereux pour l’homme. En effet, plus un virus circule, plus le virus se multiplie et plus on augmente les chances d’apparition d’un nouveau variant. Les données actuelles indiquent également que les personnes qui ont reçu une dose de rappel sont mieux protégées contre le virus et ses variants que les autres.  

Où en-est la création des médicaments antiviraux ? 

Il s’agit d’une arme de plus dans la pandémie mais : 

  • ils sont coûteux,
  •  ils doivent être pris rapidement (max dans les 5 jours après le début des symptômes),
  •  leurs effets indésirables sont encore peu connus 

Tous ces éléments vont conditionner leur accès et leur utilisation. La vaccination reste la meilleure stratégie de santé publique et individuelle. 

Quels sont les effets secondaires des vaccins contre le COVID-19 ? Y a-t-il un risque accru de ces effets indésirables chez les patients à risque ? 

Comme tout vaccin, la vaccination contre le COVID‑19 peut provoquer chez certaines personnes des effets secondaires bénins à modérés. C’est normal, ces effets sont le signe que l’organisme développe son immunité. Les effets secondaires des vaccins contre le COVID‑19 sont notamment : fièvre, fatigue, maux de tête, douleurs musculaires, frissons, diarrhée et douleur ou rougeur au point d’injection. Certains ne constateront aucun effet secondaire. La plupart des effets secondaires s’estompent en quelques jours. (Source OMS) 

Il est aussi possible d’avoir une réaction allergique (urticaire, problèmes respiratoires, etc.) même si cela est très rare (11/1 000 000) parce que vous pouvez être allergique à l’un des composants du vaccin. Ce risque est le même pour d’autres vaccins (tétanos, rubéole, …). Il faut savoir que des effets indésirables sévères comme celui-ci s’observe dans moins de 0.5% des cas et qu’ils ne laissent souvent aucune séquelle quand ils sont bien pris en charge et suffisamment vite. C’est pour cela que les centres de vaccination sont sous supervision médicale avec le matériel adéquat. 

Rien n’indique que des effets indésirables rares soient plus fréquents chez certains patients à risque. 

L’AFMPS publie régulièrement un aperçu cumulatif des effets indésirables signalés suite à l’administration d’un vaccin contre le COVID-19 en Belgique. Ce dernier reprend tous les effets secondaires potentiels qui ont été rapportés, ils sont en cours d’analyse pour établir si un lien existe bel et bien avec la vaccination. Cet aperçu est consultable sur leur fil d’actualités

Et si j’ai des effets secondaires ? 

En cas d’effets secondaires, reposez-vous, buvez beaucoup (pas d’alcool) et si nécessaire, prenez des médicaments contre la douleur et la fièvre. 

Si vous êtes inquiet/inquiète parce que les effets secondaires vous semblent anormaux, si la douleur dans le bras au point d’injection empire au bout de 24 heures ou si les effets secondaires n’ont pas disparu en quelques jours, contactez votre médecin pour lui demander conseil. 

Des effets secondaires plus graves ou plus durables des vaccins anti-COVID‑19 sont possibles, mais sont extrêmement rares. En cas de difficultés à respirer, de douleur thoracique, de confusion, de perte de la parole ou de la mobilité à la suite de votre vaccination, contactez immédiatement votre médecin. Les vaccins font l’objet d’une surveillance permanente aussi longtemps qu’ils sont utilisés afin de détecter des manifestations indésirables rares et de prendre les mesures qui s’imposent. (Source OMS) 

Si vous souffrez d’effets secondaires après la vaccination qui ne sont pas mentionnés dans la notice, vous pouvez les signaler à l’AFMPS via www.notifieruneffetindesirable.be ou via votre médecin traitant ou votre personnel soignant. 

Les experts de l’AFMPS collectent toutes les données pertinentes nécessaires pour l’évaluation des effets indésirables notifiés. Toutes les notifications sont enregistrées dans la base de données de pharmacovigilance de l’agence européenne des médicaments (EudraVigilance) et dans celle de l’Organisation Mondiale de la Santé (VigiBase), ce qui permet une analyse plus globale. En collectant les données à grande échelle, les signaux possibles peuvent être découverts plus rapidement. 

Que faire si je ne peux pas me faire vacciner ? 

La contre-indication absolue à la vaccination est très rare et fait référence à une allergie au vaccin ou à l’un de ses composants. Le mieux est de vous adresser à votre médecin généraliste qui vous redirigera vers un allergologue (médecin spécialisé dans les allergies). Suite à son bilan, celui-ci déterminera si vous pouvez vous faire vacciner avec certaines précautions ou si vous n’êtes effectivement pas éligible pour la vaccination. Si c’est le cas, l’allergologue vous remettra une attestation avec laquelle vous devez vous rendre chez le médecin conseil de votre mutuelle. Celui-ci vous permettra d’obtenir le remboursement pendant un an (renouvelable) de vos tests PCR ou antigéniques.    

Si j’ai déjà eu le Covid récemment ou si j’ai un certificat de rétablissement encore valide, dois-je quand même me faire vacciner ?  

La vaccination est toujours recommandée, même pour les personnes qui ont eu le Covid dans le passé. Nous savons que des réinfections peuvent se produire. Même chez les personnes précédemment infectées, il est recommandé de se faire vacciner. La protection offerte par le vaccin est plus stable et plus longue que celle obtenue suite à une infection. 

Des études scientifiques se sont penchées sur des personnes vaccinées avec une dose unique de l’un de ces vaccins après avoir été précédemment infectées. Les résultats indiquent que les réponses immunitaires (anticorps et immunité cellulaire) sont comparables à celles des personnes non-infectées qui suivent le schéma à deux doses. Cependant, il existe peu de données sur la durée à long terme de l’immunité protectrice. De plus, les données de laboratoires ne permettent pas d’évaluer la réaction de l’organisme lorsqu’il sera infecté par le virus : la personne sera-t-elle symptomatique, malade (légèrement ou sévèrement) ? En raison de toutes ces inconnues en matière de données scientifiques, il convient, à titre de précaution, de poursuivre l’administration d’un schéma à deux doses, conformément à l’autorisation de l’EMA, en particulier pour les personnes présentant le plus grand risque d’évolution grave après une infection avec le CIVID-19 (ECDC, juillet 2021, https://www.ecdc.europa.eu/en/publications-data/partial-covid-19-vaccination-summary). 

En outre, un certificat de vaccination a une validité plus longue (270 jours pour une primovaccination et 1 an pour une dose de rappel) qu’un certificat Covid de rétablissement (6 mois). 

J’ai récemment eu une infection au COVID-19 ou un contact à haut risque. Quand puis-je me faire vacciner ? 

Si vous avez récemment eu une infection au COVID-19, vous pouvez recevoir la dose de rappel : 

  • 14 jours après le jour de votre test positif, si vous n’avez pas eu de symptômes 
  • 14 jours après la disparition du dernier symptôme lié au COVID-19 

Si vous avez eu un contact à haut risque, vous pouvez recevoir la dose de rappel 4 jours après le contact à haut risque si vous n’avez pas développé de symptômes. 

La vaccination contre le COVID-19 peut-elle rendre positif un test PCR ou antigénique ? 

Les vaccins contre le COVID-19 ne contiennent pas de virus vivants atténués ou inactivés. Ils ne peuvent donc pas provoquer la maladie. Si vous avez des symptômes liés au COVID-19 ou un test PCR ou antigénique rapide positif après votre vaccination, il est possible que vous ayez été contaminé.e dans les jours qui précédaient votre vaccination. Si votre test est positif, y compris après la vaccination, il vous faudra respecter les mesures d’isolement. 

Puis-je me faire vacciner contre la grippe en même temps que contre le COVID-19 ? Les interactions entre différents vaccins posent-elles problème ? 

Suivant l’avis du Conseil Supérieur de la Santé et sur la base des connaissances scientifiques actuelles, il est précisé qu’il n’y a pas d’intervalle minimum à respecter entre la vaccination contre le Covid-19 (ou un vaccin de rappel contre le Covid-19) et l’administration de n’importe quel vaccin non vivant. D’un point de vue scientifique, les deux vaccins peuvent donc être administrés au même moment à la même personne. 

A partir de mi-octobre, les personnes qui le souhaitent peuvent apporter leur vaccin contre la grippe qui sera injecté dans le bras gauche.  Le vaccin anti-Covid sera, lui, injecté dans l’autre bras. Si le patient ne souhaite pas de vaccination simultanée, il est recommandé de donner la priorité au vaccin contre le COVID-19. Et, pour les personnes à risque de développer des complications suite à une infection au COVID-19, il est recommandé de faire le booster automnal COVID-19 dès le 12 septembre sans attendre mi-octobre pour leur vaccin antigrippe.

Je suis enceinte ou j’allaite. Puis-je me faire vacciner ? 

Sur la base des données scientifiques et des recommandations les plus récentes, le Conseil Supérieur de la Santé a conclu que toutes les femmes enceintes devaient idéalement être vaccinées. La raison est qu’elles ont un risque accru de COVID-19 sévère et d’accouchement prématuré. Les vaccins à ARN messager actuellement disponibles contre le COVID-19 (Pfizer et Moderna) peuvent être administrés en toute sécurité aux femmes enceintes. La vaccination peut être proposée au 1er, au 2ème ou au 3ème trimestre sans impact sur le développement de l’embryon ou du fœtus. Une infection au COVID-19 par contre affecte tant la santé de la mère que le développement du fœtus, car les femmes enceintes sont plus sensibles aux infections respiratoires. 

Le fait de souffrir de comorbidités telles qu’un IMC augmenté avant la grossesse, de l’hypertension, du diabète, etc. est un argument supplémentaire pour recommander cette vaccination chez la femme enceinte. C’est également le cas lors d’un risque accru de contamination et d’infection, comme chez les travailleurs de la santé. 

Le CSS (Conseil Supérieur de la Santé) emboîte le pas à la Société belge de Médecine Reproductive en recommandant une vaccination complète contre le COVID-19 avant la procréation médicalement assistée (PMA), soulignant ainsi que la PMA n’est pas une contre-indication à l’administration des vaccins contre le COVID-19 (https://bsrm.be/2021/01/28/revised-bsrm-position-statement-covid-19-vaccination-strategy/). 

Si vous allaitez, vous devriez vous faire vacciner contre le COVID‑19 dès que votre tour arrive. Aucun des vaccins actuels homologués contre le COVID‑19 n’est fabriqué à partir du virus vivant. Cela signifie que vous n’avez aucun risque de transmettre le COVID‑19 à votre nourrisson par votre lait maternel. En fait, les anticorps issus de la vaccination peuvent être présents dans votre lait maternel et contribuer à protéger votre enfant. (Source OMS) 

La vaccination contre le COVID-19 peut-elle affecter ma fertilité ? 

À l’heure actuelle, aucune donnée probante ne laisse penser que les vaccins contre le COVID‑19 ont un effet néfaste sur la fertilité. Actuellement, aucune donnée biologique ne prouve que des anticorps issus de la vaccination contre le COVID‑19 ou que des composants du vaccin puissent poser un problème quelconque de l’appareil reproducteur. Vous faire vacciner est la meilleure chose que vous puissiez faire pour vous protéger et pour protéger la future santé de votre bébé. (Source OMS) 

Les vaccins contre le COVID-19 peuvent-ils perturber le cycle menstruel ? 

Cette question est suivie par l’AFMPS qui a reçu des notifications de troubles menstruels suite à l’administration des vaccins contre le COVID-19. Les troubles rapportés sont liés à un cycle perturbé (cycle prolongé ou raccourci, saignements intermenstruels), à des changements de l’intensité des saignements (menstruations plus ou moins abondantes) et de saignements post-ménopausiques. La grande majorité de ces effets indésirables n’étaient pas graves et se sont résolus spontanément. 

Ce sujet fait également l’objet d’un suivi attentif du comité de pharmacovigilance européen (PRAC). A ce jour, aucune relation de cause à effet ne peut être établie. Les troubles menstruels après la vaccination contre le COVID-19 continueront d’être suivis au niveau européen. 

Les troubles menstruels sont très courants et peuvent survenir sans condition médicale sous-jacente. Ils peuvent survenir en période de stress ou de fatigue (période d’examens, départ en vacances…) ou être causés par des problèmes de santé plus sérieux, comme les fibromes et l’endométriose. Si vous présentez des saignements vaginaux inattendus ou si vous êtes préoccupée par des troubles menstruels prolongés ou graves, il est conseillé de consulter un médecin. 

Si je suis vacciné.e, puis-je encore être infecté.e ou transmettre le virus ? 

Dans les essais cliniques, tous les vaccins anti-COVID-19 autorisés en Europe ont montré leur efficacité contre la maladie symptomatique, les formes graves et le décès. Des études observationnelles ont ensuite confirmé l’efficacité de ces vaccins en conditions de vie réelle. L’efficacité vaccinale sur la transmission du COVID- 19 est moins bien documentée. 

Toutefois, depuis mai 2020, la Belgique s’est dotée d’un système de recherche des contacts (‘tracing’) pour limiter la propagation du COVID-19. Les chercheurs de Sciensano ont étudié les données collectées entre le 25/01/2021 et le 24/06/2021. Grâce à ces données, Sciensano a étudié la protection offerte par la vaccination en cas de contact à haut risque. En conclusion, une personne entièrement vaccinée par un vaccin disponible en Belgique est très bien protégée contre l’infection suite à un contact à haut risque. En contact avec le virus, une personne vaccinée n’est bien sûr pas protégée à 100%, et peut donc avoir des symptômes, mais ils restent légers à modérés dans la majorité des cas. 

De plus, Sciensano a observé que le risque de transmettre le virus est réduit lorsque la personne contaminée a été vaccinée en comparaison avec une personne non-vaccinée. Il est important de souligner que la protection est d’autant plus élevée lorsque les deux personnes en contact sont toutes deux vaccinées. Ainsi, les contacts entre personnes vaccinées sont-ils moins à risque de transmission et de contamination. 

Source : Braeye T, Cornelissen L, Catteau L, Haarhuis F, Proesmans K, De Ridder K, Djiena A, Mahieu R, De Leeuw F, Dreuw A, Hammami N, Quoilin S, Van Oyen H, Wyndham-Thomas C, Van Cauteren D. Vaccine effectiveness against infection and onwards transmission of COVID-19: Analysis of Belgian contact tracing data, January-June 2021. Vaccine. 2021 Sep 15;39(39):5456-5460. doi: 10.1016/j.vaccine.2021.08.060. Epub 2021 Aug 19. PMID: 34454789; PMCID: PMC8373820. 

La vaccination permettra-t-elle de lever les gestes barrières ?  

La vaccination est une des armes les plus efficaces pour se protéger contre le COVID-19. Cependant, se protéger en respectant les gestes barrières ainsi que toutes les précautions utiles (l’aération des locaux, par exemple) restera indispensable un certain moment pour plusieurs raisons:

  • le vaccin ne protège pas immédiatement après son administration ; 
  • l’ensemble de la population n’est pas vaccinée ; 
  • la durée de protection n’est pas encore scientifiquement établie ; 
  • si la personne vaccinée est mieux protégée, on ne sait pas encore bien dans quelle mesure elle peut encore transmettre le virus à d’autres qui seraient sans protection. 

Le vaccin est-il risqué ou dangereux pour les adolescents et jeunes adultes ? 

En Belgique et en Europe, de rares cas de myocardites et de péricardites ont été rapportés chez des jeunes après la vaccination avec un vaccin à ARNm. Ces cas sont survenus plus souvent chez des hommes jeunes (16-24 ans) dans les premiers jours qui suivent la vaccination. La myocardite et la péricardite sont des réactions inflammatoires du cœur. Les symptômes peuvent varier mais comprennent souvent un essoufflement, des battements cardiaques forts qui peuvent être irréguliers (palpitations) et des douleurs thoraciques. Ces symptômes apparaissent généralement dans le mois qui suit la vaccination et disparaissent avec un traitement conservateur approprié.  

Une étude américaine menée entre mars 2020 et janvier 2021 conclut toutefois que le risque de myocardite/péricardite est 16 fois plus élevé après infection au COVID-19, tous âges confondus. Chez les jeunes de 16 à 39 ans, ce risque est 7 fois plus élevé avec l’infection qu’avec la vaccination (Boehmer et al. Association Between COVID-19 and Myocarditis Using Hospital-Based Administrative Data — United States, March 2020–January 2021, MMWR, September 3, 2021 / 70(35);1228–1232). Le risque de myocardite/péricardite après une infection par le COVID-19 est plus élevé que le risque après la vaccination. 

Suite au monitoring et à la pharmacovigilance réalisés, il a été décidé par prudence, de ne plus administrer le vaccin Moderna en primovaccination aux personnes âgées de moins de 30 ans à cause de ce risque de myocardite et péricardite. Comme le risque est moins important avec la dose de rappel, qui est deux fois moins concentrée (50µg) que celle de la primovaccination (100µg), la dose de rappel peut quant à elle, bien être administrée aux personnes de moins de 30 ans.    
Le vaccin Pfizer qui présente un risque inférieur de myocardites et péricardites chez les jeunes adultes et adolescents peut quant à lui être administré comme primovaccination ou dose de rappel chez les moins de 30 ans.  

Le vaccin est-il halal/casher ? 

Oui, les Imams ont déclaré en janvier 2021 que le vaccin était bien halal, les rabbins l’ont aussi décrété casher. 

Pourquoi des personnes qui ont été vaccinées contractent-elles encore le COVID-19 ?

Le niveau de protection maximal conféré par les vaccins anti-COVID‑19 n’est atteint que plusieurs semaines après la vaccination totale. Si le vaccin doit être administré en deux doses, cela signifie que votre immunité ne sera acquise que deux à quatre semaines après l’injection de la deuxième dose. Pendant ce délai, vous pouvez toujours être infecté(e) et malade. 

Même si les vaccins contre le COVID‑19 sont extrêmement efficaces pour prévenir une forme grave de la maladie, l’hospitalisation et le décès, aucun vaccin n’est efficace à 100 %. De ce fait, un certain nombre de personnes vaccinées contracteront tout de même le COVID‑19 et seront peut-être malades alors qu’elles ont été totalement vaccinées. C’est une « infection malgré un schéma vaccinal complet ». Avec des variants infectieux du virus comme le variant Delta ou Omicron, on observe un plus grand nombre d’infections malgré un schéma vaccinal complet. 

Les infections malgré un schéma vaccinal complet peuvent survenir avec n’importe quel vaccin et ne signifient pas que le vaccin est inopérant. Selon les données transmises par les CDC des États-Unis d’Amérique, les personnes non vaccinées ont 11 fois plus de risques de décès par le COVID‑19 que les personnes vaccinées. Il est plus que probable que les personnes qui ont contracté le COVID‑19 après avoir été vaccinées n’auront que des symptômes bénins. Le vaccin contre une forme grave de la maladie et le décès reste très efficace. Faites-vous vacciner dès que votre tour arrive. (Source OMS) 

Pourquoi y a t’il encore des personnes vaccinées hospitalisées ? 

Bien que la protection offerte par la vaccination n’est pas de 100%, elle protège contre les formes graves et les séquelles de la maladie (“Covid long”). Cette protection est maintenue chez la plupart des gens. 

Malgré de nombreux cas positifs, la vaccination nous aide donc à maintenir les hospitalisations à un niveau beaucoup plus bas que lors des vagues précédentes pendant lesquelles il n’y avait pas encore de vaccin. 

Comme le mentionne le graphique ci-contre, sur 100 000 personnes complètements vaccinées depuis au moins 14 jours, le risque d’hospitalisation est réduit de 88% par vaccination et celui d’admission aux soins intensifs est réduite de 93% par vaccination. 

Certains médecins ne sont pas d’accord entre eux.  Pourquoi ? 

Il y a un certain nombre de points dans la gestion d’une pandémie sur lesquelles les données sont incomplètes, il va donc y avoir différentes manières de les interpréter et donc plusieurs discours. Souvent les grands désaccords concernent des points de détail. Il y a aussi le fait que des crises de cette ampleur font que les réponses qu’on y apporte reflètent notre vision de la société, il va donc y avoir divergence d’opinion mais sur base éthique/sociétale et non scientifique. Enfin, certains médecins ne sont tout simplement pas à jour sur leur connaissances scientifiques voire parfois non neutres dans leur discours. 

Où puis-je trouver plus d’informations ?  

Voici quelques sites internet utiles lorsque vous cherchez des informations supplémentaires :